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LES PASSANTES (Brassens)
Je veux dédier ce poème A toutes les femmes qu'on aime Pendant quelques instants secrets A celles qu'on connait à peine Qu'un destin différent
entraîne Et qu'on ne retrouve jamais
A celle qu'on voit apparaître Une seconde à sa fenêtre Et qui, preste, s'évanouit Mais dont la svelte silhouette
Est si gracieuse et fluette Qu'on en demeure épanoui
A la compagne de voyage Dont les yeux, charmant paysage Font paraître court le chemin Qu'on est seul,
peut-être, à comprendre Et qu'on laisse pourtant descendre Sans avoir effleuré sa main
A celles qui sont déjà prises Et qui, vivant des heures grises Près d'un être
trop différent Vous ont, inutile folie, Laissé voir la mélancolie D'un avenir désesperant
Chères images aperçues Espérances d'un jour déçues Vous serez
dans l'oubli demain Pour peu que le bonheur survienne Il est rare qu'on se souvienne Des épisodes du chemin
Mais si l'on a manqué sa vie on songe avec un peu
d'envie A tous ces bonheurs entrevus Aux baisers qu'on n'osa pas prendre Aux coeurs qui doivent vous attendre Aux yeux qu'on n'a jamais revus
Alors, aux
soirs de lassitude Tout en peuplant sa solitude Des fantômes du souvenir On pleure les lèvres absentes De toutes ces belles passantes Que l'on n'a pas su retenir
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MOURIR POUR DES IDÉES (Brassens)
Moi, j'ai failli mourir de ne l'avoir pas eue. Car tous ceux qui l'avaient, multitude accablante En hurlant à la mort me sont tombés dessus.
Ils ont su me
convaincre et ma muse insolente Abjurant ses erreurs se rallie à leur foi, Avec un soupçon de réserve toutefois: Mourons pour des idées, d'accord! Mais de mort lente, D'accord,
mais de mort lente.
Jugeant qu'il n'y a pas péril en la demeure Allons vers l'autre monde en flânant en chemin, Car, à forcer l'allure, il arrive qu'on meure Pour
des idées n'ayant plus cours le lendemain.
Or, s'il est une chose amère, désolante, En rendant l'âme à Dieu c'est bien de constater Qu'on a fait fausse route, qu'on
s'est trompé d'idée, Mourons pour des idées, d'accord! Mais de mort lente, D'accord, mais de mort lente.
Les saint-jean-bouch'-d'or qui prêchent le martyre Le
plus souvent, d'ailleurs, s'attardent ici-bas;
Mourir pour des idées, c'est le cas de le dire, C'est leur raison de vivre, ils ne s'en privent pas!
Dans presque tous les
champs on en voit qui supplantent Bientôt Mathusalem dans la longévité, J'en conclus qu'ils doivent se dire en aparté: "Mourons pour des idées, d'accord! Mais de mort lente,
D'accord, mais de mort lente!"
Des idées réclamant le fameux sacrifice Les sectes de tout poil en offrent des séquelles... Et la question se pose aux victimes novices:
Mourir pour des idées, c'est bien beau, mais lesquelles?
Et comme toutes sont entre elles ressemblantes, Quand il les voit venir, avec leur gros drapeau, Le sage, en hésitant, tourne
autour du tombeau, Mourons pour des idées, d'accord! Mais de mort lentem D'accord, mais de mort lente.
Encore s'il suffisait de quelques hécatombes, Pour qu'enfin tout
changeât, qu'enfin tout s'arrangeât! Depuis tant de grands soirs, que tant de têtes tombent, Au paradis sur terre on y serait déjà.
Mais l'âge d'or sans cesse est remis aux
calendes, Les dieux ont toujours soif, n'en ont jamais assez, Et c'est la mort, la mort toujours recommencée... Mourons pour des idées, d'accord! Mais de mort lente,
D'accord, mais de mort lente.
O vous, les boutefeux, ô vous, les bons apôtres, Mourez donc les premiers, nous vous cédons le pas! Mais, de grâce, morbleu! Laissez vivre les
autres! La vie est à peu près leur seul luxe ici-bas; Car, enfin, la Camarde est assez vigilante, Elle n'a pas besoin qu'on lui tienne la faux! Plus de danse macabre autour des
échafauds! Mourons pour des idées, d'accord! Mais de mort lente, D'accord, mais de mort lente
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Now the flames they followed Joan of Arc as she came riding through the dark; no moon to keep her armour bright, no man to get her through this very smoky night.
She said, "I'm tired of the war, I want the kind of work I had before, a wedding dress or something white to wear upon my swollen appetite."
Well, I'm glad
to hear you talk this way, you know I've watched you riding every day and something in me yearns to win such a cold and lonesome heroine.
"And who are you?" she sternly
spoke to the one beneath the smoke. "Why, I'm fire," he replied, "And I love your solitude, I love your pride."
"Then fire, make your body cold,
I'm going to give you mine to hold," saying this she climbed inside to be his one, to be his only bride.
And deep into his fiery heart he took the dust of Joan of
Arc, and high above the wedding guests he hung the ashes of her wedding dress.
It was deep into his fiery heart he took the dust of Joan of Arc, and then she clearly
understood if he was fire, oh then she must be wood.
I saw her wince, I saw her cry, I saw the glory in her eye. Myself I long for love and light, but must it come so cruel,
and oh so bright?
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C'est pas seulement à Paris Que le crime fleurit, Nous au village aussi l'on a De beaux assassinats. (bis)
Il avait la tête chenu' Et
le coeur ingénu, Il eut un retour de printemps Pour une de vingt ans. (bis)
Mais la chair fraîch', la tendre chair, Mon vieux, ça coûte cher: Au bout de cinq à six
baisers Son or fut épuisé. (bis)
Quand sa menotte elle a tendu' Triste il a répondu Qu'il était pauvre comme Job, Elle a remis sa rob'. (bis)
Elle
alla quérir son coquin Qui avait l'appât du gain, Sont revenus chez le grigou Fair' un bien mauvais coup. (bis)
Et pendant qu'il le lui tenait Elle
l'assassinait, On dit que, quand il expira, La langue ell' lui montra. (bis)
Mirent tout sens dessus dessous, Trouvèrent pas un sou, Mais des lettres de
créanciers, Mais des saisies d'huissiers. (bis)
Alors, prise d'un vrai remords Elle eut chagrin du mort, Et, sur lui, tombant à genoux, Ell' dit "Pardonne
nous!" (bis)
Quand les gendarmes sont arrivés En pleurs ils l'ont trouvé', C'est une larme au fond des yeux Qui lui valut les cieux. (bis)
Et le matin
qu'on la pendit Ell' fut en Paradis, Certains dévots depuis ce temps Sont un peu mécontents. (bis)
C'est pas seulement à Paris Que le crime fleurit,
Nous, au village aussi l'on a De beaux assassinats. (bis)
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